Je n’ai pas pour habitude de coucher mes états d’âme politiques. La politique, c’est comme la religion : un sujet tellement sensible que tu risques de créer la 3e guerre mondiale, y compris avec tes plus proches.

Même si j’ai tendance à ne justement pas aimer les tabous, j’évite aussi de créer des « conflits » inutiles, car il m’est rarement arrivé de sortir de ce type de conversation indemne. Soit j’étais très en colère, soit frustrée, soit carrément scandalisée de certains propos entendus. Bref.

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« Ouvre les yeux Gillou, t’es loin du compte là ! » (Photo Bruno Charoy – Libération)

Ici, je ne vous dirai pas pour qui je vote. C’est inutile, même si je reconnais davantage me reconnaître dans les valeurs sociales. Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous mon écœurement vis à vis des propos de Gilles Clavreul, récemment nommé délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. En charge de préparer le plan antiracisme présenté par Manuel Valls vendredi dernier (le 1Y avril), celui-ci a tenu des propos plutôt étonnants que je vous laisse découvrir ci-dessous :

Gilles Clavreul-libération-antiracisme

(Pour ceux qui voudraient lire l’article en entier : Gilles Clavreul, la valse antiracisme)

Que vous dire à part que je ne comprends pas cette volonté de distinguer les types de racisme. Je ne comprends pas pourquoi ce monsieur souhaite nous démontrer que le racisme anti-noir ou anti-arabe (pour ne citer qu’eux, mais ils sont multiples malheureusement) est moindre que l’antisémitisme. Doit-on hiérarchiser ? Dire que les violences vis à vis des juifs sont pires ?

La haine vis à vis d’un groupe de personnes n’est-elle pas suffisamment grave ?

Sans parler de ce terme « revendication victimaire » en parlant des actions menées par des gens souhaitant simplement une meilleure reconnaissance du mal qui a été causé par l’esclavage et la colonisation. La France se sent-elle si coupable d’avoir collaboré avec les Allemands pendant la 2nd Guerre Mondiale, qu’elle décrète que l’antisémitisme dépasse en tout point, en termes de cruauté, de haine, de violences, les autres crimes commis sur d’autres êtres humains ?

Devrions-nous en tant que républicains dire « Merci France d’avoir aboli l’esclavage, quel cadeau tu nous as fait ! » ? Est-ce normal de nier si fortement l’existence de l’islamophobie (avec des violences qui ont explosé ces derniers temps, merci amalgame musulman/islamiste, particulièrement exacerbé après les horreurs de Charlie Hebdo) ?

Je ne comprends pas ces propos. Je ne comprends pas ce mépris, je ne comprends cette négation. Cet homme vient d’écrire un rapport qui sera la base du plan antiracisme. Expliquez moi comment ce plan peut être efficace si la personne en charge de faire un état des lieux sur le racisme en France  se permet de hiérarchiser, de qualifier, d’appliquer sa sémantique au racisme.

C’est ce genre de propos qui désolidarise les peuples, créé un sentiment d’injustice et ce sentiment d’exclusion, de non-considération, de non-reconnaissance…Diviser pour mieux régner dit-on…

Je ne sais pas si nous aurons la possibilité de lire ce fameux rapport. Mais s’il permet à ce monsieur d’étayer cette basse pensée, ce plan antiracisme n’aura aucune valeur.

NB. J’espère que vous comprendrez bien le sens de ma pensée. J’estime qu’il est important de considérer toutes les violences et actes haineux à l’égard de la population française : que l’individu soit musulman et fils d’immigré sénégalais, femme juive agressée car elle porte son étoile de David au cou ou jeune antillais militant. La France est riche par son pluralisme, sa multiculture. Ce n’est pas en faisant le distingo entre les souffrances et drames vécus par chacun que nous arriverons à être plus solidaire.
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