(J’ai écrit cet article au tout début du mois de juin)

Il est 18h, je suis dans le bus, et je tente de me convaincre qu’il FAUT que j’aille au sport.

Ces derniers temps, c’est la croix et la bannière pour me motiver, je suis fatiguée, le printemps est là, mais nous joue des tours…Les 10 degrés en mai ? Et cette météo capricieuse en juin ? Un temps tellement surprenant que j’ai surtout envie de rentrer hiberner avec mon pot de pâte à tartiner préféré. C’est moi ou vous aussi vous vous traînez ces derniers temps ? Je n’aime pas  faire de mauvais esprit – même si ce n’est un secret pour personne, je suis une râleuse – mais j’ai du mal à sortir de ce côté « j’me traîne ».

Ai-je le droit d’être fatiguée xxx temps, de ne pas vouloir aller au sport ? De ne pas culpabiliser, de ne pas me sentir mal quand je vois cette zone grasse qui me dégoûte. Oui, j’ose le dire…maigrir c’est bien, mais il y a des partie du corps qui se rééquilibre moyennement bien. Genre mes fesses qui se sont creusées et qui me hurlent « allez meuf, secoue tout ça et fais gonfler le muscle en dessous du gras ». Ou mes bras que je trouve moches car un peu bloblottant (et même les muscler n’y changera rien…enfin j’crois)

anti sport - aujourd'hui je ne fous rien

Sauf que pour cela, faut être motivée. Je ne le suis pas. Je déteste la salle de sport en fait. On subit déjà la présence d’autres êtres humains toute la journée #FilleAsociale, alors s’il y a bien moment où j’ai envie d’être tranquille, c’est quand je transpire mon gras. Mon rêve: avoir la salle pour moi. Ce qui explique pourquoi je prie toutes les semaines qu’on remporte le loto, histoire qu’on achète une maison ou un appartement avec salle de sport privée 🙂

Blague à part, ma réflexion me mène à un avis plus global sur cette société de plus en plus détox. Il faut arrêter de boire, pas manger trop gras ni trop sucré, arrêter le gluten (attention, je ne parle pas des gens qui ont des soucis de santé causés par cette merveilleuse substance), aller au sport tous les jours ou presque et prétendre qu’on adore ça, commencer le TBC, le WWWTG (j’invente mais vous avez compris). Bref, si tout cela part d’un bon sentiment (montrer que le sport est accessible à tous, que c’est bien pour gérer le stress, qu’il est important de consacrer un peu de temps à son enveloppe corporelle…), ça finit par devenir culpabilisant. (un article à lire qui permet de comprendre en quoi cette mode healthy est une mascarade)

Pourquoi doit-on systématiquement être efficaces ? A quelle moment notre société a-t-elle basculé au point que dans des domaines aussi personnels que sont le sport, le couple, l’éducation des enfants, l’obtention des it-bags ou it-fringues, nous soyons obligés de montrer des résultats voire même d’être parfaits ? Est-ce encore une histoire de normes ?

Nous ne sommes pas des surhumains. Nous avons le droit de dire merde au sport, aux sirènes des régimes, aux tendances mode qui nous disent que ce sac à main est le must have. Il est important d’incorporer une bonne dose de bienveillance vis à vis de ce que nous sommes. Et une dose de lâcher prise. Parfois, je suis fatiguée, parfois j’ai envie de grignoter du chocolat au lait (vegan et sans gluten, rassurez-vous, mes allergies sont toujours d’actualité) affalée dans mon canapé. Parfois, j’ai envie de me faire plaisir et de m’offrir un sac à plusieurs centaines d’euros sans que l’on me juge « parce que tu comprends, c’est inutile ». Parfois, j’ai envie de dire merde à mes complexes qui sont encore là malgré mes 10 kilos envolés lorsque j’ai dû arrêter de consommer certains aliments pour ma santé. Les complexes, le bien être et cetera, c’est surtout une histoire de bienveillance. C’est surtout une histoire personnelle et privée. Loin des injonctions « healthy », mode et sociétales.

 

 

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