Il est 22h30 et je quitte un événement professionnel. Mon Amoureux s’est endormi dans le canapé. Je le sais, je l’ai réveillé en le prévenant de mon retour. Il avait cette voix qui me donne envie de le serrer contre moi, de le bercer pour qu’il se rendorme vite.
En rentrant, sur ma route, j’ai eu le bonheur de trouver un M&S Food encore ouvert. C’est dingue, sur les Grands Boulevards, il existe maintenant un M&S Food ouvert jusque 23h. J’ai fait le tour trois fois. J’avais faim, et vous savez comme moi que faire les courses avec le ventre dans les talons n’est jamais une bonne idée.

J’ai hésité entre les nuggets de poulet sans gluten et une soupe thaï. J’ai finalement opté pour une salade mangue-crevettes, un sachet de chips au poivre pour la route, et quelques pains sans gluten pour le petit-déjeuner.

Me voilà dans la rue du Sentier, celle de mes premiers vrais moments professionnels. Le Gabon, les filles, la veille. Et surtout des amis. Clic.Clac. Je fais deux photos que j’envoie à Caro, Daniel et Julie sur notre groupe WhatsApp. « Souvenirs, Souvenirs ».

Je déambule dans la rue et envoie une petite note vocale à Juliette. La douce et belle Juliette. La tempête Juliette. Elle m’écoute beaucoup en ce moment. Elle est bienveillante à mon égard.

Je déambule et renverse quelques chips en cherchant ma carte Navigo. Me voila maintenant dans le métro. Je vois cet homme. Il a plein de sacs, il est assis par terre. Il a un chien. On dirait un staff. Il dort pendant que son maître le caresse. Il voit que je le regarde et ses yeux s’éclairent. « Madame, vous auriez quelque chose pour moi ? ». Oui, j’ai envie de te dire que j’espère que tu vas bien malgré le fait que tu trouves refuge ici, métro Sentier. « Oui oui, bien sûr. Un ticket restaurant, cela peut vous aider ? ». Il me dit merci. J’attends le métro, qui finit par arriver. Deux minutes, cela passe vite. « Au revoir Madame, et merci ». Je me retourne et lui « bonne soirée Monsieur, bon courage ». Je lui souris. Les stations défilent et je pense à lui. Je me demande comment il a pu en arriver là. J’espère qu’il ne dormira pas dehors. C’est étrange, je m’inquiète du fait que la RATP ferme la station et le mette dehors.

Déjà Saint Lazare, un homme entre. Il est jeune, il est noir, ce noir foncé presque bleu. Il est beau. Il a du style. Il dodeline, il semble écouter une musique sympathique. C’est là que j’ai eu envie d’écrire ces quelques lignes. Une sorte de brève « boulot-métro-dodo ». Cette fille. Elle descend à Pereire. Elle est blonde. Avec un ton d’enfant. Elle s’exclame avec le sourire. Dit pardon fort. Et merci aussi. Un sans abri entre dans le métro. Vous savez, celui que vous ignorez parfois en vous concentrant sur les lignes de votre livre ou en augmentant la musique. Elle se lève et lui tend la main avec quelque pièces. « Bon courage Monsieur ». Elle lui fait un grand sourire, son ton est plein d’encouragements, de bienveillance. Elle sourit physiquement, mais c’est toute son âme qui rayonne. Elle est jeune. J’ai d’abord cru que c’était une enfant. En fait, elle a cette candeur des gens tellement gentils qu’on les prend trop souvent pour des êtres naïfs. Elle descend à Pereire donc. Je suis fascinée par ces petites scènes de vie. Ce quotidien que j’oublie parfois de vivre tant il est automatique. Métro-Boulot-Dodo. Pourtant, il s’en passe des choses, n’est-ce-pas ?
Il est 23h21. J’arrive au bas de mon immeuble. Je vous dis bonne nuit. À bientôt.

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