Hello la compagnie,

Me voilà posée en ce dimanche 04 juin. Je viens de finir ma déclaration d’impôts (outch.outch.outch.) et l’envie m’est venue de partager avec vous une série de billets. Comme toujours, je ne promets rien en terme d’assiduité, mais je me suis dit qu’il pourrait être chouette d’écrire ponctuellement sur mes indispensables du moment. Sorte de bonnes découvertes, de choses qui m’ont rendue accro pendant plusieurs jours ou semaines…Aujourd’hui, il s’agira d’une lecture et d’écoutes.

La Poudre – podcasts

Cela doit faire deux ans que j’écoute ponctuellement des podcasts. Dans un premier temps, ceux de Radio France me plaisaient beaucoup. J’écoutais des choses sur l’art, sur la sexualité, sur le féminisme ou le monde néocolonial…bref, j’apprenais plein de choses à des moments où il fallait que je m’occupe, bien souvent dans le bus. Avec mon abonnement Deezer, j’ai découvert plein de nouveaux artistes, sauf que parfois j’ai envie de tout, sauf d’écouter de la musique. Me voilà à fouiner dans la liste « podcasts »…et là, je tombe sur La Poudre.

Le concept ? Une interview intimiste d’une femme, par une femme. Laurene Bastide est une journaliste renommée, anciennement au Grand Journal ou encore rédactrice en chef de Elle. Chaque mois, elle reçoit deux personnalités féminines dans un lieu cosy, une chambre d’hôtel parisienne, pour une interview spontanée et chaleureuse. Ensemble, elle évoque des sujets tabous, en lien avec l’intimité. Ensemble, elle parle des femmes dans le monde, dans la musique, dans le cinéma, le rapport à la sexualité, à leur corps, les anecdotes pas si anodines qui ont souvent construits ces invités ; leur évolution professionnelle, les liens avec les femmes de leur famille…Bref, des interviews à coeur ouvert, touchantes et particulièrement intéressantes.

Chaque épisode, je le savoure avec délectation. Ils durent en général 1h, parfait pour  mon trajet boulot-maison, maison-boulot, ou les moments de travail pour lesquels je n’ai pas besoin de réfléchir, juste exécuter (en ce moment, cela arrive bien trop souvent d’ailleurs…bref !).

Voici ceux que j’ai écouté, je vous mets le résumé de chacun :

  • Inna Modja, chanteuse, auteure, compositeure

Dans cet épisode, Inna Modja parle de son enfance au Mali (5:06), de la chirurgie réparatrice à laquelle elle a recouru suite à son excision (09:07), de sa rencontre avec le musicien Salif Keita (13:44), de sa collaboration avec l’immense chanteuse malienne Oumou Sangaré (17:01), de la migration (20:30) et de son engagement pour les droits des femmes (26:26).

  • Amandine Gay, cinéaste, essayiste, activiste, et l’une des figures de proue de l’afro-féminisme en France.
    Réalisatrice du documentaire « Ouvrir la voix », dans lequel elle donne la parole 24 femmes noires. 

Dans cet épisode, Amandine Gay évoque son enfance dans la campagne lyonnaise et son statut d’adoptée (04:28), les lectures qui l’ont aidé à devenir femme (12:20), l’importance de l’adoption dans sa construction (16:40), la représentation des femmes noires dans les médias et dans la société (20:35), comment la création lui permet de mettre à distance les blessures de son existence (35:25), l’apport de la pratique du burlesque dans son vécu (40:40), le livre « Ne suis-je pas une femme ? » de bell hooks dont elle a écrit la préface et dont elle nous lit un passage (45:35), la fétichisation du corps des adolescentes noires (47:15), son ressenti face à l’accueil de son documentaire « Ouvrir la voix » (1:02:40) et le calme qu’elle a trouvé à Montréal (1:06:01).

  • Garance Doré, illustratrice, photographe, blogueuse et cheffe d’entreprise

Au micro de Lauren Bastide, Garance Doré se confie sur son enfance corse (03:40), l’amour inconditionnel de sa grand-mère (08:27), la façon dont elle a adapté sa vie à ses cycles menstruels (13:51), la manière dont la presse a traité sa relation avec son ex, le blogueur Scott Schuman (32:35), la vie à New York quand on est une femme (37:06), et le fait d’avoir 40 ans sans avoir peur de vieillir (46:29).

  • Pénélope Bagieu, dessinatrice, auteure, blogueuse

Dans cet épisode, Pénélope Bagieu évoque son enfance à Paris près de la Gare de l’Est (04:03), son adolescence et son accès tardif à la notion de féminité (15:11), son passage dans le milieu de la publicité (23:45), le personnage de Joséphine, son « anti-moi » (29:36), le syndrome de la Schtroumpfette (33:17), son engagement contre le sexisme dans la bande dessinée (38:08), le jour où elle a compris qu’elle était féministe (43:45) et les bienfaits du politiquement correct (57:46).

  • Leïla Slimani, journaliste, auteure (notamment du livre dont je vous parle plus bas, Chanson Douce)

Dans cet épisode, Leïla Slimani évoque son enfance et son adolescence au Maroc sous le règne d’Hassan II (04:13), l’espace de liberté absolue que constitue pour elle la littérature (30:22), l’importance des valeurs des « bobos » dans une Europe où montent les conservatismes (31:27), le mythe de l’instinct maternel (34:44), le fait d’être une femme dans l’espace public (44:51) et sa chambre à elle (48:03).

  • Rama Yade, femme politique

Dans cet épisode, Rama Yade raconte sa campagne de candidature pour l’élection présidentielle (02:35), son enfance, de Dakar aux Hauts de Seine (07:40), son parcours scolaire d’excellence à la française (28:01), son entrée au Sénat (31:44), sa relation à Nicolas Sarkozy (37:45), les attaques très violentes qu’elle a subi au cours de sa carrière (40:41), la starification dont elle a fait l’objet et comment elle l’a gérée (48:10), sa réaction à la mort d’Adama Traoré dans une gendarmerie du Val d’Oise en juillet 2016 (56:57) et le machisme en politique (1:00:14).


J’ai particulièrement aimé ceux de Rama Yade, Inna Modja et Leïla Slimani. Pour la première, j’ai découvert une femme qui m’agaçait et j’ai mieux compris ses positionnements politiques. Elle parle avec affection de Nicolas Sarkozy, même si politiquement, ils se sont pas mal éloignés. J’ai été touchée par sa façon de raconter son arrivée en France et les combats qu’elle a mené pour réussir. Inna Modja m’a également beaucoup touché à sa façon de parler de son enfance au Mali et de son admiration pour Salif Keita. Quant à Leïla Slimani, j’ai aimé sa franchise sur la maternité et la façon dont elle parle de son écriture. C’est lorsqu’elle a parlé de son dernier livre que j’ai décidé de le sortir de ma pile à lire. Je vous en parle plus juste après.

Bref, je vous recommande plus que tout ces podcasts, surtout si le féminisme est un sujet qui vous intéresse. Ici, c’est intelligent, subtile, tolérant. Elle donne la parole à tous les féminismes, en recevant des femmes de mondes différents. Et surtout, c’est un moment cocon, en tout cas pour moi. J’adore la voix de Laurene. Pleine de confiance, rassurante, pertinente. J’ai presque l’impression d’écouter deux amies en train de discuter. La Poudre, une pépite !

Pour les découvrir, téléchargez-les depuis votre application « podcasts » sur votre iPhone, via Deezer ou Soundcloud

Chanson Douce – Leïla Slimani

J’ai acheté ce livre il y a quelques mois. Je savais qu’il était très valorisé dans les médias, cependant je n’avais pas pris la peine d’en savoir plus. Je me suis contentée du 4e de couverture, ceci afin de ne pas avoir d’à priori. Je vous écrivais plus haut avoir écouté l’épisode de La Poudre qui lui est consacré. Et celui-ci m’a bouleversé. Laurene Bastide a fait lire les premières pages de son livre à Leïla Slimani. Les mots ont une force, alors lorsque c’est l’auteure qui prononce ceux qu’elle a couché sur le papier, cela est encore plus puissant. Je ne m’attendais pas à être perturbée à ce point. J’étais dans le bus, j’allais au travail. En quelques lignes, les frissons, l’effroi, les larmes aux yeux. Oui, Chanson Douce est un livre angoissant. Cette angoisse froide, qui monte lentement. Avec ce livre, on connait l’issue dés le début. Pour revenir à ce qui a provoqué ou plutôt amené l’événement. Ce livre est psychologique. On sonde les personnages, même si je regrette que l’auteure n’ait pas accordé plus de lignes aux parents. J’ai dévoré Chanson Douce en 3 jours. Par contre, ce n’est pas une lecture détente, je vous préviens. C’est pesant et fascinant à la fois. Et c’est merveilleusement bien écrit.

Voici le résumé : 

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

A très vite pour mes nouveaux indispensables…

 

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