De retour petit à petit…deux billets le même mois (ok, un masqué car sensible…je l’ai mis sous mot de passe), vous allez vous demander ce qu’il m’arrive. Je risque de faire quelques changements par ici. J’ai une fâcheuse tendance à réfléchir longtemps…donc entre le moment où j’écris ces lignes et le moment où je prendrais enfin le temps de m’y mettre…il risque de se passer quelque mois. La partie technique m’inquiète un peu et à tendance à me dissuader d’être trop pressée. J’en arrive donc à me demander si je ne vais pas passer par un·e professionnel·le.

Côté quotidien…la reprise est assez sportive : nouveau boulot, nouveaux enjeux, nouvelles informations à enregistrer…c’est super excitant tout en étant bien fatiguant. J’ai même eu l’ambition de reprendre un rythme sportif « intensif »…je vous laisse deviner sur quelle activité j’ai lâché du lest (shame ! shame ! shame !).

J’ai profité de ce week-end pour regarder deux programmes repérés il y a quelques semaines…et je dois dire que pour l’un d’entre eux, j’ai eu une sacré prise de conscience.

The True Cost, le documentaire perturbant sur la fast-fashion (mode éphémère)

Avec mon conjoint, nous essayons autant que faire ce peut de changer nos habitudes de consommation. Nous avons chacun un réel respect et amour pour la nourriture et avons toujours privilégiés les produits frais. C’est donc naturellement que nous avons commencé par cela, prenant également en compte nos intolérances/allergies à certains produits (pour ma part, j’en ai déjà parlé, je suis allergique à la caséine et ne digère pas du tout le gluten.). On est souvent plus sensible au changement d’alimentation, tout simplement car on voit clairement l’impact sur notre santé. Ainsi, nous ne faisons pas nos courses en supermarché et allons chaque semaine ou tous les 10 jours au marché. On a appris à choisir nos produits en fonction de leur provenance (de préférence locale et sinon française) et de leur saisonnalité. Ça n’a pas toujours été facile : au marché, tout se mélange : maraîcher, revendeur de légumes et fruits…charcutier qui ne fait pas toujours lui-même ses produits…bref ! Nous avons maintenant nos habitudes et je râle souvent à l’approche de l’hiver : les fraises, courgettes, aubergines, salade etc…ne sont évidemment plus disponibles ! Nous ne sommes pas parfaits (surtout moi en ce qui concerne mon estomac) et il m’arrive encore de craquer pour une barquette de framboises en plein mois de février…

Pourquoi cette longue introduction assez éloignée de la mode ? Tout simplement parce qu’après avoir modifié mon/notre comportement en matière de consommation alimentaire, je ressens le besoin de faire de même sur d’autres sujets : les produits ménagers, les achats culturels…et forcément, les achats vestimentaires.

Par souci de place…j’achète beaucoup moins. Je commence à fréquenter les fripes ou les magasins d’Emmaüs (on trouve de sacrés pépites). Je trie, je donne, je jette ce qui est abîmé, en faisant parfois le triste constat suivant : un chemisier ou pull acheté il y a 1 an chez H&m ou Zara ou Newlook est souvent en piteux état.

Vous me direz que c’est peut être parce que je ne fais pas attention, parce que je lave trop, j’essore trop vite…bref. Le constat est là : certains vêtements coûtent cher pour une qualité médiocre. En regardant le documentaire,  j’ai fini par comprendre très clairement que ces vêtements coûtaient cher pécuniairement parlant, mais surtout en termes écologiques et humains.

Fast-fashion, de quoi parle-t-on ?

La mode éphémère, ce sont 75 millions de personnes travaillant pour fabriquer plus de 150 milliards de vêtements par an*.  80% de ces travailleurs·ses sont des femmes, personnes vivant dans des conditions de pauvreté extrême, sans pouvoir élever leurs enfants, subissant des conditions de travail inhumaines : horaires de travail sans limite, pause pipi impossible, violence verbale et physique…quand ce n’est pas carrément l’usine qui s’effondre, brûle…tuant des centaines/milliers de personnes. Une belle prise de risque pour être payé·e·s une misère (moins de 100 euros par mois)**.

Côté marque ?

La négociation se fait toujours plus agressive pour que le prix des produits sortis d’usine soient toujours plus bas…et c’est évidemment sur le personnel que les économies sont faites !

Côté environnement et impact sanitaire ?

Cette production est dévastatrice : produits chimiques pour produire les matériaux comme le coton (vive le Round Up !), chrome pour tanner le cuir, autres cocktails empoisonnants pour teindre et blanchir…vous l’aurez compris on utilise beaucoup trop d’eau et surtout on pollue…Ce qui a évidemment un impact sur la santé des travailleurs : cancer, maladies en tout genre liées au contact avec les produits chimiques, retards mentaux des enfants nés des travailleuses…

Et côté Manuela ?

Je nourrissais un certain désamour pour les vêtements de ces marques (par déception rapport qualité/prix/durée de vie), ce documentaire a marqué la rupture. Je ne peux pas continuer d’acheter des jeans à 30 euros, des chaussures qui brillent à 50 euros…en sachant la souffrance que cela génère pour d’autres êtres humains et pour la planète. Vous me direz peut-être qu’en achetant, on permet à des gens de travailler ?

L’époque fast-fashion…avec le sourire

Quelque part, il faut bien qu’ils fassent quelque chose et cela pourrait être bien pire ? Et bien…je pense qu’on a atteint le pire. On est arrivé à un stade où tous les 15 jours, une nouvelle collection de fringues et d’accessoires arrive en magasin. La saisonnalité autrefois pratiquée (1 collection printemps/été, une collection automne/hiver) n’existe plus. On vit pour acheter des choses matérielles de mauvaise qualité , à un prix trop élevé (30 euros un jean qui en vaut 5 en sortie d’usine), et qui surtout tuent des gens. On vit en pensant qu’acheter telle paire de chaussure, telle sac à main qu’on a vu partout sur Instagram, nous rendra plus heureux. On s’appauvrit, et ce dans tous les sens du terme. Ce documentaire m’a retourné le bide.

Après la prise de conscience, comment agir ? Je vous avoue que je ne sais pas encore. Je trouve qu’on ne communique pas assez sur les alternatives. J’ai peur de ne pas trouver de vêtements à ma taille, adaptés à ma morphologie, à un prix que je peux mettre pour m’habiller. Bref, je commence à peine à défricher. Si vous avez des adresses à me conseiller, je suis preneuse.

Et loin de vouloir être moralisatrice et ou culpabilisante, sachez que j’ai écrit cet article pour partager avec vous mon ressenti, vous interpellez et vous inviter à regarder ce documentaire (notamment dispo sur Netflix). On ne peut pas toujours agir de façon radicale. Mais avoir conscience et changer petit à petit permet l’évolution. On l’a vu pour la nourriture, les marques s’adaptent et font des efforts. J’ai espoir qu’il en sera de même pour l’industrie de la mode !

A très bientôt <3


Sources

https://truecostmovie.com/

* /** : http://fashionrevolution.org

L’industrie du fast-fashion est TOUT sauf écologique

Share: