Je retourne mon clavier depuis plusieurs jours. Les idées aussi. L’envie de fermer cet espace ne me quitte pas. Je ne m’y sens plus à l’aise, ni libre d’écrire à « coeur ouvert ». Je ne veux plus être cette personne à visage découvert. J’ai envie d’anonymat.
Mais voilà, je n’ai pas encore pris de réelle décision. Et avant de fermer cet endroit, il me paraît nécessaire d’avoir déjà ouvert mon nouvel espace sans identité. Alors en attendant, je me dis que je peux toujours venir vous écrire ici.

Je n’ai pas spécialement envie de faire un bilan détaillé de l’année passée. Celle-ci a été éprouvante en tout point. J’ai eu le sentiment de vivre au jour le jour, tout en perdant un sentiment précieux : la sérénité. Je n’ai pas été sereine. Et j’ai même été assez angoissée par le temps qui filait, sans pouvoir réellement en garder le contrôle. Je ressens une espèce d’urgence à vivre pleinement les moments et ça m’horrifie de voir que je n’y arrive pas vraiment. J’ai l’impression que nous sommes plusieurs à avoir ce ressenti, non ?

Cette année s’annonce…assez mouvementée. Un peu à l’image de mon intérieur à l’heure où j’écris ce billet. Je suis très bordélique, tout en étant obsédée par le rangement. C’est antithétique, n’est-ce-pas ? Ainsi, je peux parfois piquer une crise de nerfs à la simple vision de mon bazar (tout en reprochant à mon conjoint de ne pas m’aider…alors que bon, il n’est pas responsable de mes affaires échouées ci et là). Je disais donc, mouvementée. Comme l’état de ma chambre, avec les piles de mes vêtements propres pas rangés. Comme la pile de papiers à trier depuis ma démission et mon nouvel emploi. J’ai comme un besoin urgent de vivre, de profiter, de faire ce que j’ai envie, quand cela m’enchante. Ce qui peut aussi vouloir dire : ne strictement R I E N F A I R E.

Je m’abreuve de podcasts et je me tue au sport. J’écoute des choses sur l’économie pharmaceutique, sur l’antiracisme, sur l’impact des réseaux sociaux sur notre vision du voyage. Je suis à presque 40 kilos au soulevé de terre, j’apprends à faire des tractions et des pompes. En parallèle, je mange de façon compulsive et c’est encore pire en plein SPM. J’engloutis du sucre et encore du sucre tout en me délectant d’un plat de brocolis, de riz et de dinde grillée. Je tricote en dilettante pour mes proches (qui auront leurs écharpes certainement pour l’hiver 2018).

Je cultive mon anticonformisme tout en ressentant l’urgence d’avoir un bébé ou de me marier à l’homme que j’aime. A presque 28 ans, on me dit que c’est l’ordre des choses, que c’est normal. J’ai toujours pensé (enfin pas tout le temps, si je suis vraiment honnête) que ces projets n’étaient pas une fin en soi et surtout pas une nécessité sociale. Alors je me demande : suis-je en train de succomber aux sirènes de la société ou tout simplement d’écouter mes envies primaires d’union, d’amour et de progéniture ?

Alors voilà, je ne sais pas trop quand je vais reprendre le contrôle. Demain, dans 1 mois ou dans 1 an. J’ai envie de dire peu importe. Je ne me noie pas encore, c’est l’essentiel. Je l’aime à la folie. Je suis reconnaissante d’avoir mes lumières qui gravitent et me guident. Elles m’apportent beaucoup. J’ai l’impression de vivre un chamboulement interne important. Parait-il que c’était dans les énergies de 2017, le bouleversement. 2018 n’étant pas magique, rien n’a disparu après les 10 coups de minuit. Dans ce tourbillon de choses nécessaires, lumineuses, positives et parfois pleines de ténèbres, j’avance. Avec lui, avec eux. Un peu avec vous, puisque je vous le confie ici.

2018, voilà les premiers mots posés sur ma crise de jeune femme indépendante, mais pas trop. Heureuse, mais pas tout le temps. Confiante et parfois en plein doute. Je vous souhaite le meilleur et un peu de pire. Car si j’ai bien compris une chose cette année, c’est qu’il peut nous apporter le meilleur.

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